A.R.P.S.G. - Newsletter - Rencontre avec Ismaël

Lettre d'info

Rencontre avec Ismaël

Son parcours du Monténégro à la Vendée

Novembre 2025

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de partager avec vous le témoignage d'Ismaël, qui nous raconte son parcours remarquable, celui de sa famille, et leur nouvelle aventure qui les mènera bientôt en Alsace.

Denis : Peux-tu te présenter et nous parler un peu de ta famille ?

Ismaël : Je m'appelle Ismaël, j'ai 42 ans. Mon épouse s'appelle Alma, et nous avons deux enfants, Emir (8 ans) et Dany (4 ans), tous deux nés en France, à La Roche-sur-Yon.

Denis : Peux-tu nous raconter ton parcours avant votre départ du Monténégro ?

Ismaël : Au Monténégro, j'étais étudiant. À la base, je devais devenir professeur de ma langue natale, mais je n'ai pas obtenu mon diplôme car je me suis marié. Ma femme est ensuite tombée enceinte, et il fallait que je travaille pour subvenir à nos besoins. J'ai donc trouvé un emploi dans une entreprise agroalimentaire. Par la suite, j'ai divorcé, puis je me suis remarié avec Alma. Après certains problèmes rencontrés là-bas, nous avons décidé de quitter le Monténégro pour venir en France. Pendant mes études, j'avais découvert les écrivains, les philosophes et l'histoire de la France. Venir ici, c'était un rêve.

Denis : Comment s'est passé votre arrivée en France ?

Ismaël : Nous sommes arrivés en bus le 14 novembre 2016, à Metz, avant d'être transférés aux Sables-d'Olonne. L'APSH (aujourd'hui appelée Vista) nous a beaucoup aidés et nous a même logés pendant cette période. Nous avons déposé une demande d'asile, mais elle a été refusée : les autorités jugeaient le Monténégro « pays sûr ». Nous avons alors reçu une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et toutes les aides ont été coupées, et notre recours n'a pas abouti... Ce fut un moment très difficile. Pendant deux ans, avant notre déménagement à St Gilles Croix de Vie, nous avons vécu sur nos propres moyens et grâce au soutien régulier de notre famille, tout en étant logés gratuitement par l'APSH.

Un tournant décisif

Grâce au soutien de la Cimade et à la confiance de l'entreprise Vif Argent-GENDREAU, Ismaël a pu obtenir une promesse d'embauche qui lui a permis d'obtenir un titre de séjour provisoire de six mois.

Denis : Comment avez-vous rebondi après ce refus ?

Ismaël : Nous avons été convoqués à la préfecture, nous devions signer des documents et fournir toutes les pièces nécessaires, comme les photos, pour préparer notre retour en avion au Monténégro. Nous étions accompagnés par la Cimade des Sables-d'Olonne, qui nous a très bien accueillis et nous a soutenus tout au long de la démarche. Grâce à leur aide, nous avons pu expliquer notre situation à la préfecture et obtenir une chance : trouver un emploi pour pouvoir rester en France. Avec l'appui de la Cimade et mon expérience dans le secteur agroalimentaire, la responsable des ressources humaines de l'entreprise Vif Argent-GENDREAU, a accepté de me faire confiance et m'a proposé un poste de chef de ligne. Cette promesse d'embauche a été déposée à la préfecture, ce qui m'a permis d'obtenir un titre de séjour provisoire de six mois. Cela m'a permis de commencer mon parcours professionnel dans l'entreprise, et aujourd'hui, ça fait sept ans que je travaille là-bas.

Denis : Ton intégration au travail s'est bien passée ?

Ismaël : Oui, très bien ! Dès mon arrivée, j'ai été accueilli avec respect et bienveillance. La seule vraie adaptation a été la langue, le reste de la vie quotidienne était similaire à ce que je connaissais. J'ai rapidement pris des responsabilités, jusqu'à devenir responsable de nuit. Dans l'ensemble, j'ai eu beaucoup de chance, et je me suis senti très bien dans l'entreprise.

Denis : Et aujourd'hui, tu as choisi de partir à nouveau. Pourquoi ?

Ismaël : C'est un projet familial avant tout. Alma voulait qu'on se rapproche du Monténégro pour pouvoir voir nos familles plus facilement. Au départ, je n'étais pas vraiment prêt à quitter la Vendée : je me sentais très bien chez Gendreau, respecté par mes collègues et mes supérieurs, et tout était arrangé à mon goût. Mais chaque fois qu'on partait voir notre famille, cela nous prenait trois jours pour parcourir 2 500 km. Les vols depuis Nantes sont souvent longs, avec escales, et coûteux. En huit ans, nous n'avons pu retourner au Monténégro que trois fois, et entre-temps, nous avons dû faire face à des décès et à des événements familiaux importants auxquels nous ne pouvions pas assister. En Alsace, près de Mulhouse, nous serons à seulement une heure quarante de vol pour le Monténégro, avec des vols directs fréquents et abordables, parfois à partir de 20 euros. Cela nous permettra de revoir nos proches beaucoup plus facilement.

Denis : Vous êtes déjà installés là-bas ?

Ismaël : Nous avons déjà trouvé un logement près de Mulhouse, très bien situé : les enfants auront l'école à seulement quelques minutes à pied, et nous sommes à cinq minutes de l'Allemagne, vingt minutes du centre de Bâle en Suisse, et sept minutes en voiture de l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Tout est prêt pour notre installation, avec deux mois de loyer déjà réglés, et nous allons emmener uniquement l'essentiel, le reste sera acheté sur place. Pour le travail, j'ai postulé à plusieurs endroits et j'ai déjà un emploi qui m'attend chez DSM-Firmenich, une entreprise internationale dans les domaines alimentaire et chimique. Je commencerai en intérim avec des horaires de journée pour la formation, et l'évolution vers plus de responsabilités est prévue. Tout est donc organisé pour que cette nouvelle étape se passe sereinement.

Denis : On est vraiment ravis d'avoir croisé votre chemin. J'espère qu'on gardera contact. Un mot pour la fin ?

Ismaël : On est heureux et reconnaissants. La France restera toujours spéciale pour nous, c'est ici que notre nouvelle vie a vraiment commencé. Comme je l'ai déjà dit, nous avons été accueillis en France « comme les enfants de leur mère » : partout où nous sommes allés, nous avons reçu un accueil chaleureux. La France est devenue ma deuxième maison, au même titre que le Monténégro, et dans mon cœur, les deux sont égales.

L'ARPSG vous remercie

Nous sommes fiers d'avoir pu accompagner Ismaël et sa famille dans leur parcours. Leur histoire illustre parfaitement les valeurs de notre association : l'accueil, le soutien et l'accompagnement vers l'autonomie. Nous leur souhaitons une excellente continuation en Alsace et restons en contact avec eux.

Si vous souhaitez nous aider à poursuivre notre mission, n'hésitez pas à nous contacter ou à devenir bénévole.